GRANDE CHRONIQUE: "Nengue" de Stéphane BLANCO & Samuel FIGUIERE aux éditions Steinkis

07/06/2019

 

Vers la fin des années dix-huit-cent, Jules Crevaux, médecin français passionné par la Guyane, monte une expédition d’exploration afin de découvrir les secrets de ces terres tropicales longtemps inaccessibles suite à de nombreux conflits. Accompagné de deux ecclésiastiques ainsi que d’un équipage aux origines variées, il remonte le fleuve Maroni jusqu’aux terres des Bonis. Là, il découvre leurs  et surtout leurs incroyables origines. En effet, il apparait que le peuple Boni descend du fils d’une esclave laissée pour morte, fier rebelle ayant mené à la liberté plusieurs centaines de captifs du Suriname...


 

Une narration impeccable...

 

Naviguant entre les époques, ce récit parvient cependant à gérer ses ellipses avec subtilité et sans jamais perdre le lecteur. De la première à la dernière page, nous savons exactement qui fait quoi, pourquoi et comment, ceci facilitant grandement la compréhension des motivations et des conséquences.

Gageons que la démarche de Jules Crevaux en étonnera plus d’un et celle-ci mérite largement d’être connue. A la fois médecin, naturaliste, ethnologue et cartographe, celui-ci a mené à bien de nombreuses et périlleuses mission et ce envers et contre les maladies contractée, l’hostilité des lieux ou encore celle des populations locales. Les partis pris narratifs de Stéphane BLANCO permettent d’insister sur la grande dangerosité de l’initiative, soulignant opiniâtreté de son meneur mais également celle du peuple dont celui-ci découvrira la troublante histoire: les Bonis.


 

 

 

 

...ne sacrifiant pas la pédagogie

 

Outre le fait de rendre hommage à Jules Crevaux, à sa courte vie ainsi que son œuvre, Nengue se penche sur des évènements méconnus: la rébellion des esclaves du Suriname ainsi que leur repli dans la jungle guyanaise. Mettant en exergue les circonstance de la naissance de leur leader grâce à quelques scènes frappantes puis se focalisant un moment sur le marronage massif initié par ce dernier, les auteurs questionnent ici la mémoire collective face aux faits sanglant du colonialisme. Évoquant plus particulièrement le cas des Bonis, Nengue n’oublie cependant pas d'évoquer les autres peuplades réduites au travail forcés et desquelles le copieux dossier de fin d’ouvrage fera longuement mention. Car en effet, tandis que le récit dessiné se concentre sur Jules Crevaux et les bonis, la postface explicative recontextualise quant à elle totalement le destin de ces autochtones .

 

Bien lisible et modelé avec un grande puissance, le trait de Samuel FIGUIERE fait écho à la force des rebelles et de leur meneur, restituant à merveille la luxuriance de la jungle et ne faisant regretter que quelques dégradés de couleurs un peu rudes.


 

Un excellent ouvrage remettant sur le devant de la scène un homme et un peuple ainsi que leurs formidables combats pour le savoir et la liberté.

 

 

 

 

 

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